Anselm Kiefer, Tannhaüser

Anselm Kiefer, Tannhaüser
Musée Würth, Erstein, mai 2009 (photo personnelle)
Un seuil est inquiétant. Il matérialise une frontière, marque la séparation avec un ailleurs, lieu encore non pénétré, inconnu, menaçant ... mais si attrayant! La femme de Barbe-Bleue est prête à tout pour le franchir, consciente cependant du danger qui la guette.
Un seuil est une limite imperceptible: un pas, et l'on est déjà de l'autre côté. Être au seuil de la vieillesse, c'est flirter avec elle tout en espérant toujours rester du bon côté. Il y a des seuils qu'on voudrait des murailles...
Certains seuils pourtant sont franchis sans qu'on s'en aperçoive, tellement ils savent se faire discrets. Mais ceux-ci ont presque disparu: le seuil survit-il à son franchissement?
Zone de rencontre, le seuil est aussi ouverture: menant parfois vers l'inconnu, il permet le contact, rend proche ce qui semble ne pouvoir se toucher. Un seuil est un frôlement: d'ailleurs, comment définir ce qui appartient encore à la vie et ce qui est déjà la mort? Du seuil, un souffle nous parvient, on respire l'air d'ailleurs.La vie nous fait franchir des seuils, ou tout juste empiéter sur eux. Ils nous repoussent ou nous fascinent.
Les seuils organisent nos déplacement, nous attirent d'un monde à l'autre, séparations fictives ou dérisoires: on croyait être ici, on est au-delà.

mardi 27 octobre 2009

Conquistadors d'Eric Vuillard : critiques croisées


Le labyrinthe inextricable de la fabuleuse toile qui nous tient prisonniers offre de magnifiques rencontres. Au hasard de mes errances sur le web, j'ai découvert en certains blogs des trésors d'intelligence et de culture. Grâce à eux mes horizons s'ouvrent, mes lectures s'enrichissent. A ce propos, je tenais à vous faire partager l'une des découvertes que m'a rendue possible la fréquentation assidue des blogs de Jean-Clet Martin et de Juan Asensio : l'un des plus beaux romans qui m'ait été donné de lire ces dernières années, Conquistadors, d'Eric Vuillard. J'aurais voulu en faire une recension complète, mais préfère vous renvoyer à deux articles très différents mais aussi subtils et puissants l'un que l'autre : la lecture croisée de Jean-Clet Martin et d'Alain Baudemont sur "Strass de la philosophie", et celle de Juan Asensio sur "Stalker - Dissection du cadavre de la littérature" (deux de mes sites "de chevet", pourrais-je dire).

Voici donc les liens à suivre:







Puissiez-vous y puiser comme moi l'envie de vous plonger dans cette oeuvre au souffle épique, poétique et désespérée.
Eric Vuillard, Conquistadors, Editions Léo Scheer, 2009

3 commentaires:

  1. Le roman d'Eric Vuillard vient d'obtenir le Grand Prix du Net (petite récompense pour ce livre qui méritait bien plus...)

    RépondreSupprimer
  2. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

    RépondreSupprimer
  3. Ce commentaire a été supprimé par son auteur.

    RépondreSupprimer